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Journée d’étude à Rennes (1)

Par Amandine Brugière le 2 juillet 2009 | Thématique : PLLV

Dans le cadre des deux ateliers PlusLonguelavie.net, portant sur l’habitat évolutif, et l’autonomie des personnes vieillissantes à leur domicile, une journée d’étude à Rennes a été organisée le 15 mai dernier. Très riche journée passée à découvrir les acteurs et les initiatives mêlant étude et observation des usages des TIC, et anticipation des problématiques liées au vieillissement (particulièrement liées à l’habitat, à la perte d’autonomie, au réseau social)…

Nous remercions particulièrement Patrice Barbel qui nous a guidé tout au long de cette journée !

Comme beaucoup d’agglomérations françaises, Rennes connaît un vieillissement démographique important de sa population, ce qui se traduit par le vieillissement de quartiers entiers, comme nous l’ont expliqué Véra Briand adjointe au maire, en charge des personnes âgées, et Laurence Nnazé, directrice du CCAS.

Le profil - socio-type- de la population rennaise évolue. Quelle est la part de seniors "plateau de fruits de mer", comme les appelle le chercheur Jean Olivero ? Quelle est la part de seniors dits "dépendants" ? Les stratégies publiques habituelles en direction de ces publics ne sont plus adaptées, car la population a changé, ses habitudes de vie aussi. Les clubs traditionnels du 3e âge ne suffisent plus à répondre aux nouveaux modes de vie qui s’inventent, et font évoluer le rapport à la culture, à la mobilité, à l’intergénérationnel.

Une des priorités politique de la ville de Rennes, et de son agglomération, est de répondre à la principale urgence, celle posée par la dépendance : c’est-à-dire trouver des solutions de maintien à domicile des personnes âgées, et de mobilité au coeur de l’agglomération rennaise.

Habitat évolutif, habitat adapté :

Les habitats sociaux sont un cœur de cible presque « naturel », car la population y vieillit, et les infrastructures ne permettent pas toujours, en l’état, d’y « bien vieillir ».

C’est de ce constat qu’est né le projet IDA : Innovation Domicile Autonomie, un projet alliant acteurs privés locaux (des entrepreneurs tels Deltador, Domitys, Intervox, etc.), acteurs publics (l’agglomération de Rennes, le bailleur Archipel Habitat), secteur associatif (association de pays l’ASSAD), secteur de la recherche (Loustic). L’objectif de ce projet est de tester une série de services techniques d’aide au maintien à domicile (télé-assistance, domotique, multimédia), en collaboration avec des habitants volontaires :

  • tester les produits sur le lieu de vie des personnes (à travers un appartement témoin prêté par le bailleur Archipel Habitat),
  • mais aussi les faire évoluer en fonction des retours usagers
  • travailler à leur interopérabilité (possibilité de relier, pour ainsi dire sur un même « tableau de bord » les services de domotique, de robotique, et de multimédia), leur acceptabilité auprès des publics, leurs utilisabilité (ergonomie, interface, valeur d’usage) ;
  • concevoir de nouveaux produits au besoin, ou détourner les services de leur but initial (par exemple un capteur positionné sur une porte de frigo est à même d’apporter des informations, ou d’alerter en cas de « non-mouvement » à long terme).

Le projet est piloté par l’association ASSAD, assisté du cabinet ARELIA, du laboratoire Loustic et de l’université de Rennes 1 (master de Domotique). Pour l’ASSAD, l’objectif est à terme de déterminer un bouquet d’offres techniques :

  • complémentaires des services d’aide proposés au sein de l’association,
  • « utiles » et appropriés par les publics ciblés (pour éviter l’écueil actuel des services de télé-assistance)
  • et surtout financièrement « accessibles à tous ».

Au-delà des technologies, c’est la méthodologie même de conduite du projet qui est innovante mêlant acteurs sociaux médico-sociaux, habitants - usagers, entrepreneurs privés, chercheurs : une démarche de R&D d’un genre nouveau.

Ainsi mettre un capteur de présence sur une porte de frigo ou la porte d’une pièce peut s’avérer aussi informatif et plus acceptable qu’une caméra vidéo de télé-surveillance.

L’ordinateur sert autant à rentrer en contact avec ses proches par visio-phonie, que s’informer, jouer, se distraire, se soigner et suivre ses analyses, la prise de ses médicaments, etc.

Une salle de bain avec plusieurs dispositifs d’alerte

Une chambre avec la télé-alarme à portée de main

Le test d’une caméra de présence

Une télévision interactive

Un carnet de suivi / de correspondance entre la personne âgée et les intervenants au domicile

Voir l’article paru dans la lettre Seniorscopie.com, décrivant le projet IDA http://www.seniorscopie.com/articles/un-colloque-fing-met-en-evidence-la-sophistication-du-marche-du-vieillissement.html


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