Pour cette deuxième rencontre inter-territoriale du programme Pluslonguelavie, l'Assemblée des départements de France nous a ouvert ses portes : une journée riche : en éléments de diagnostics territoriaux, au regard de la problématique du vieillissement et des TIC ; et en débats autour des pistes et scénarios créatifs.
Environ 70 personnes présentes et une quinzaine d’intervenants. Merci à tous, de votre participation à cette réflexion collaborative qui s’enrichit d’étape en étape.
Retrouvez ci-dessous, les présentations des intervenants, le dossier du participant, la liste des personnes présentes, ainsi que la restitution des échanges.
Une des préoccupations principales des villes et des départements, liées au vieillissement, concerne l’organisation des réseaux de soins et réseaux de services à la personne, et la coordination des professionnels d’aide au maintien à domicile. Il s’agit là d’une préoccupation centrale qui soulève l’épineuse question du « faire avec » : la co-réalisation, co-production entre acteurs privés et associatifs, entre acteurs publics et privés, entre différents échelons administratifs… Cela en appelle, in fine, à un nouveau management des projets de services, la mise en place de nouvelles formes de gouvernance multipartenariale, et dans lesquelles l’acteur public doit être un acteur mobilisateur et fédérateur.
Mais si cette problématique apparaît centrale et urgente, elle confine les enjeux du vieillissement aux « personnes âgées » (voire dépendantes). Or le vieillissement démographique a des conséquences plus larges, plus globales, et touchent à tous les pans du vivre-ensemble intergénérationnel. Si demain 30% de la population a plus de 60 ans, c’est une société plurielle qui se dessine. Comment adapter les services, les équipements, les infrastructures pour qu’ils soient appropriables par tous : en terme d’accessibilité (ergonomique et cognitive) de rythme (lenteur, efficacité, douceur, rapidité), de qualité (informationnelle, relationnelle), de sociabilité ? C’est la personne dans sa globalité, et dans ses parcours de vie, aussi bien que dans le collectif qui est à reconsidérer. En effet une vie intégrée au collectif, une densification des sociabilités entre les âges sont des moyens d’enrichir la vie sociale, et par là de faire reculer les effets négatifs du vieillissement (vieillissement pathologique, dépendance, isolement). Si la cohésion intergénérationnelle ne se décrète pas, elle peut être à tout le moins stimulée, entretenue par diverses formes d’actions (événementiels, offre culturelle, sportive, adaptation des équipements, diversification des modes de transports, des modes de consommation). L’acteur public est légitime et a le devoir d’organiser la vie sociale : prendre en compte les nouvelles géographies du lien qui se créent par le biais des réseaux, réinvestir la proximité, créer de nouvelles occasions de rencontres entre la population. Mais cela en appelle aussi à l’implication d’autres acteurs : la société civile, les organismes privés (mutuelles, assurances), nécessaires pour changer, choisir et construire la société de demain. Un premier chantier pourrait être de faire émerger et de valoriser de nouveaux indicateurs du vivre-ensemble.
Le rôle et la responsabilité des acteurs du numérique sont eux aussi très importants. La conjonction de l’allongement de la durée de la vie et de l’accélération des cycles d’innovation technologique a pour conséquence un risque de décrochage constant, un risque répété de fracture technologique générationnelle. D’où la nécessité de penser la simplicité des services et des interfaces, non pas pour des populations précarisées, fragilisées, mais pour tout un chacun, quel que soit son âge, très jeune, très vieux, d’âge intermédiaire. Cela passe peut-être par des modes de conception « agiles » : c’est-à-dire intégrant l’essai-erreur, la progression successive, et surtout faisant des utilisateurs de réels « co-producteurs » des services. Là encore c’est un nouveau management de projet qui est appelé.
A travers les 5 pistes créatives, un parti-pris, pour ainsi dire « éthique », a été choisi par les participants au programme Pluslonguelavie, pour mettre en avant des services relationnels, à composantes numériques, favorisant le bien-être, et fondés sur des solidarités spontanées. Restent à approfondir et à tester, autour de ces scénarios, des modèles économiques sous-jacents, permettant de sortir ce type de services (qui peuvent déjà exister) de la voie sans issue de l’expérimentation : l’enjeu maintenant est de tester, et construire, de manière multi-partenariale des modèles pérennes et créateurs de valeurs.









Présentation des ateliers par les co-pilotes du programme
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